Descriptions des lieux par les personnages de l'époque :

 

Par le Marquis de Saint Simon

La Bâtie du Seuil : Le Verrou de la Crête

La bâtie du Seuil (ou du Seuilh) est mentionnée par Saint-Simon comme un poste avancé essentiel pour la sécurité du flanc de l'armée.

Localisation et Rôle : Située sur les hauteurs dominant le passage, elle servait de "bâtie" (petite fortification ou poste de guet). Pour Saint-Simon, le contrôle de ce point était la condition sine qua non pour franchir les Tourniquets. Si les troupes sardes avaient maintenu une artillerie de montagne à cet endroit, le passage du Lauzet serait devenu un "tombeau".

Le Combat de Flanc : Il relate comment des détachements de grenadiers ont dû "nettoyer" les environs de la bâtie du Seuil pour empêcher les milices locales (les barbets) de harceler la colonne principale par des chutes de pierres et des tirs de mousqueterie.

L'Observation : Dans ses mémoires techniques, il précise que depuis la bâtie du Seuil, on pouvait embrasser du regard toute la vallée de l'Ubaye jusqu'à Barcelonnette, ce qui en faisait le meilleur observatoire pour coordonner les signaux entre l'avant-garde et le corps de bataille.

 

Par Lieutenant-Général de BAISSAC

 

Le Pas de la Tour et la Bâtie du Seuil

Dans son rapport, de Baissac s'attarde sur la Bâtie du Seuil (parfois nommée "La Bâtie-Neuve du Seuil" dans les textes anciens).

  • Une position de verrou : Située juste au-dessus du défilé, cette bâtie servait de poste de surveillance. De Baissac note qu'elle domine le passage le plus étroit de l'Ubaye.
  • L'aspect défensif : Il décrit les restes de fortifications ou de maisons fortes qui pouvaient être utilisées pour bloquer l'accès à la haute vallée. Pour lui, c'est le point "sacré" de la défense : si le Seuil tombe, Barcelonnette est à la merci d'une invasion venant de la Provence.
  • La rupture de pente : Il mentionne la difficulté pour les convois d'artillerie de franchir ce ressaut rocheux, obligeant souvent à décharger les mulets ou à renforcer les attelages.